Maré Tèt : son histoire et son évolution


mare tet

Le maré tèt fait partie du patrimoine culturel. Pourtant, la loi Tignon servait à marquer le contraire. Découvrez son Le maré tèt, ce style que l’on aime tant porter aujourd’hui existe en réalité depuis plusieurs siècles. L’art de nouer un foulard aux Antilles proviendrait en fait de la loi Tignon, en Louisiane. Autrefois, les femmes noires affranchies mettaient leur beauté en valeur, mais cette tendance n’était pas acceptée par les femmes blanches. Mais que disait la loi Tignon ? Comment à évolué le maré tèt ?

L’origine du Maré tèt

Tout à commencé dans les années 1700 en Louisiane, durant la période coloniale, lorsque les femmes créoles commencèrent à porter l’ancêtre du Maré Tèt.

Les femmes libres de couleur s'habillaient avec élégance et agrémentaient leurs cheveux de plumes et de bijoux. Elles affichaient fièrement leur féminité parce qu'elles étaient enfin libres. 

Alors que la plupart des femmes noires fondaient leur famille avec des hommes noirs, elles attiraient également l'attention des hommes non noirs. D’ailleurs, en 1786, le nombre croissant des noirs libres ont commencé à alarmer les Colons espagnols.

C'est alors qu'un nouveau décret est apparu, pour rappeler le statut modeste des noirs libres durant cette époque coloniale.

Pour cela, le gouverneur Esteban Rodriguez Miró a adopté une loi, imposant aux femmes noires de cacher leurs cheveux naturels dans un foulard appelé “tignon” (aussi prononcé Tiyon). Il était également interdit aux femmes noires de porter les mêmes bijoux que les femmes blanches.

En fait, le tignon (ou maré tèt en créole) est tout simplement un foulard en tissu torsadé, plié et noué autour de la tête pour couvrir les cheveux. Un autre morceau de tissu, que l’on appelle aussi “mouchoir”, pouvait être ajouté pour sublimer ce grand foulard avec un motif en forme d’éventail. Selon l’historienne Barbara Trevigne, un maré tèt nécessite environ 3 mètres de tissu. Les différentes façons de porter ce grand foulard avaient une signification sur l’identité du porteur, comme l’état matrimonial par exemple.

Un simple foulard, autrefois destiné à rappeler l’infériorité des femmes noires

La loi Tignon, était destinée à réduire l’influence sur la croissance de la population noire libre, mais surtout rappeler leur statut inférieur. L’édit mentionnait des sections spécifiques notamment sur certains comportements inacceptables des femmes noires libres, qui attiraient l’attention des hommes blancs. À savoir, en plus d’être esclaves, les femmes noires étaient aussi les maîtresses d’hommes blancs.

À cette époque, la femme de couleur portait une grande attention sur sa coiffure, en confectionnant des magnifiques coiffes ornées de bijoux et de plumes. Une chose qui ne manquait pas d’attiser la jalousie des femmes blanches légitimes et les fiancées. Ces dernières voyaient ces femmes noires comme une menace. Et pourtant, la loi servait à différencier les femmes de couleur des femmes blanches et inférioriser leur beauté.

Toutefois, la loi tignon n’a pas eu l’impact tant espéré par le gouverneur Miro. Au lieu de porter des foulards ternes qui minimisaient leur beauté, les femmes noires ont eu l’idée originale d’agrémenter ces couvre-chefs. Elles choisissaient des tissus brillants et accrocheurs, les ornant de bijoux et de plumes aux extrémités en guise de résistance à la loi.

Un jour, Les États-Unis ont pris le contrôle de la Louisiane. La loi tignon a été certes abandonnée, mais malheureusement réduite en esclavage. Néanmoins, les femmes libres d'ascendance africaine ont continué à les porter en signe de résistance. C'est un témoignage de leur résilience. Les femmes de La Nouvelle-Orléans ont refusé de laisser un morceau de tissu les humilier, effacer leur statut ou diminuer leur féminité. Au lieu de cela, les femmes noires ont réinterprété le tignon comme un symbole d'autonomisation.

L'évolution des coiffes

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Source : pinterest

Lors de l’abolition de l’esclavage au 19ème siècle, ces couvre-chefs ont pris une tournure négative lorsque les publicités aux États-Unis représentaient des caricatures de femmes noires enfilant les tignons. Ces publicités ont créé le fameux stéréotype “Black Mammy”, où les femmes noires n’existaient que pour servir les maîtres en tant que gardiennes et cuisinières durant l’esclavage.

Après l’invention des défrisages au début du 20ème siècle, les femmes noires ont recommencé à porter les foulards. À la différence, les femmes portaient un joli tissu doublé de satin afin de protéger leurs cheveux de la chaleur et de l’humidité.

En effet, au fil du temps, les couvre-chefs ont pris de nouvelles significations sans pour autant oublier leur origine. Le maré tèt peut être porté à toutes les occasions. Certaines femmes portent des headwrap pour protéger leurs cheveux la nuit, car les oreillers en coton ont tendance à absorber l’humidité et rendre le cuir chevelu sec.

D’autres femmes portent le foulard lors d’un mariage et même lors des funérailles. Certaines femmes le portent tout simplement pour célébrer leur héritage tout en faisant une déclaration de mode.

Les maré tèt et les coiffes continuent d'être populaires et portées par les femmes noires à ce jour. C'est un bel exemple de prendre ce foulard, censé rendre inférieur les femmes noires et de le transformer en une déclaration puissante considérée comme un symbole de résistance, de fierté et de célébration de la culture.

 

Le Maré Tèt fait aujourd'hui partie de notre quotidien

Aujourd’hui, le maré tèt est porté par de plus en plus de femmes, peu importe leur couleur, leur religion ou leur classe sociale. Un véritable vrai bijou pour les cheveux d’une femme, tout en lui permettant d’exprimer sa féminité. Le maré tèt est aujourd’hui un véritable héritage culturel de l’histoire des femmes noires créoles.

C’est tout le savoir-faire de nos ancêtres, que de nombreuses associations antillaises existantes veulent faire perpétuer, à travers des défilés de tenues et coiffes traditionnelles. Toutes sont portées fièrement par des femmes antillaises, toutes générations confondues. Des ateliers dédiés au maré tèt se répandent de plus en plus pour apprendre aux femmes  comment porter le foulard dans les cheveux.

Véritable symbole de liberté et d’expression pour les femmes, le maré tèt est aujourd’hui bien plus qu’un simple tissu pour couvrir la tête. Associé aux coutumes, traditions et modernité, personne n’est insensible à l’art de nouer un foulard.

Le tignon, qui était censé être simple, discret tout en rappelant le statut inférieur des femmes noires, a été rendu luxueux. À la place, il est devenu un véritable accessoire de mode grâce à l'utilisation de coton Madras, ce magnifique tissu coloré aux motifs géométriques.

J’espère que cet article vous a plu. Si vous aussi, vous souhaitez faire partie des fans de Maré tèt, découvrez nos modèles de turbans en cliquant sur le lien.


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