Porter un turban : est-ce de l'appropriation culturelle ?


turban femmes africaines

En plus d’illuminer notre style, le turban protège les cheveux des agressions extérieures. Pourtant, de nombreux stéréotypes sur l’appropriation culturelle restent en vogue. D’ailleurs, le turban a une signification culturelle chez certains peuples. Ne pas prendre ces précautions peut faire l’objet d’une polémique sur les réseaux sociaux. Comment savoir si porter un turban est une appropriation culturelle ? Réponse !

Qu’est-ce qu’une appropriation culturelle ?

 Pour commencer, l'appropriation culturelle est le fait de s’approprier le concept matériel ou immatériel d'une autre culture. Généralement, ces cultures viennent des personnes non blanches, c’est-à-dire les tribus africaines, amérindiennes, d’Asie et le Maghreb.

De nos jours, copier certains éléments culturels pour développer l’industrie culturelle peut être offensant pour les tribus. En effet, une vague de contestations peut rapidement apparaître sur les réseaux sociaux ou les médias. C’est le cas de la marque Gucci, accusée d’appropriation culturelle lors de son défilé en automne 2018.

La marque a été fortement critiquée sur les réseaux sociaux en mettant sur scène des turbans Sihks, vedus à plus de 700 dollars. Ces accessoires sont considérés comme une insulte contre-culture envers la communauté indienne.

Tout le monde peut dénoncer une appropriation culturelle abusive et faire naître des polémiques. Ces accusations, risquent de nuire à la notoriété des artistes, des marques ou les industries concernées par la spoilation.

Porter un turban a une signification particulière pour de nombreux peuples

 Les turbans font partie des tenues traditionnelles dans de nombreux pays occidentaux. Par exemple, le peuple yoruba au Nigeria appelle leurs turbans “geles”.

Les turbans ont une signification particulière dans de nombreuses cultures. Ils peuvent représenter la richesse, l'origine ethnique, l'état matrimonial, le deuil ou encore le respect. 

Porter un turban est aussi un choix personnel

La culture noire est idolâtrée. Il n’est pas étonnant si notre style est souvent copié par d’autres communautés. La chose la plus importante à retenir ici est le contexte. De nombreuses femmes choisissent de porter un turban pour son côté pratique et polyvalent comme :

  • une coiffe protectrice
  • garder les cheveux hors du visage
  • adopter un look chic ou streetwear

Aussi, les femmes choisissent de porter le turban tout simplement parce qu'elles en ont envie. La chose à retenir est que le port d'un bandeau reste un choix personnel .

Dans le monde entier, il n'existe aucun peuple étant l’unique porteur du foulard. Tout le monde peut porter un turban, même la culture blanche. Encore une fois, le turban a été porté durant de nombreux siècles, dans de nombreux styles, chez différentes ethnies, avec différents tissus, pour de multiples raisons.

Interdire aux autres civilisations de porter certains vêtements, coiffures, jouer certains styles de musique ou encore manger certains aliments est de la pure discrimination. Si l'appropriation culturelle était une grande préoccupation, l'interdiction s'appliquerait donc à tous ceux qui ne sont pas membres d'une culture spécifique revendiquant la propriété de ces éléments.

Le Blanc, comme le Noir, est un phénotype et non une culture. Pour rappel, les Noirs appartiennent à de nombreuses cultures. Le simple fait d'être noir ne donne pas la propriété exclusive du turban. Être noir ne fait pas nécessairement partie de la culture qui a développé les turbans à l'origine.

 

Différencier l’appropriation culturelle et l’appréciation culturelle

 

trois femmes africaines

Les turbans ont pendant longtemps été portés pour de multiples raisons, notamment :

  • lutter pour la liberté d’expression,
  • accompagner une tenue traditionnelle,
  • montrer son identité culturelle,
  • protéger les tresses, dreadlocks, etc.

Il est pertinent de savoir que la frontière entre l’appropriation culturelle et l’appréciation culturelle est très mince. Mais pour faire la différence, l’appréciation culturelle est une personne appréciant une culture en l’empruntant poliment, ce qui conduit à une assimilation culturelle.

Le meilleur moyen de porter un turban en toute légitimité sans insulter une culture est de se renseigner sur l’article porté. Il suffit de faire une recherche sur Google pour savoir ce que symbolise le turban chez un peuple, et sa signification lorsqu’il est porté par des étrangers.

En revanche, cela est considéré comme une appropriation culturelle si le porteur utilise ce look pour offenser intentionnellement un peuple ou s’approprier l’histoire. Par exemple, on parle d’offence dans le cas d’actes racistes, des déguisements humoristiques, ou encore copier une culture dans sa globalité pour s’approprier leur identité.

L’histoire du turban

 À l’origine, le mot turban vient de Turquie. Dans les années 1200, les hommes portaient des turbans pour se protéger des intempéries. Au fur et à mesure que l'islam s’est répandu, ils ont également commencé à les porter pour des raisons religieuses. 

Durant l'avant-guerre en Amérique du sud et aux Caraïbes, de nombreux maîtres d'esclaves imposaient aux femmes noires esclaves de porter des turbans. Ces foulards servaient à des fins fonctionnelles comme protéger le cuir chevelu du soleil, de la sueur, de la saleté et des poux. 

Durant l’esclavage, le foulard représentait l’infériorité des esclaves, dominés par les colonialistes. Toutefois, les femmes noires ont su faire preuve de créativité pour montrer leur résistance. Par exemple, au Suriname, les femmes noires utilisaient les plis de leur foulard pour se communiquer des messages codés, incompréhensibles pour leurs maîtres.

En 1785, le gouverneur colonial espagnol Esteban Rodriguez Miró a exigé que les femmes afro-créoles portent des tignons, un couvre-chef en forme de turban, destiné à saper leur élégance exotique. Les lois Tignon visaient à réaffirmer l'ordre social afin de marquer la domination des personnes de couleur. Ces dernières ont contesté, ornant ces tignons de bijoux, de rubans et de plumes. En outre, la mise en valeur de ces tignons a été une déclaration de mode provocante pour la communauté noire.

Porter un turban est devenu un véritable effet de mode

Vers 1970, les turbans sont devenus un véritable accessoire de mode marquant la liberté d’expression. “Le noir est beau ”, comme le dit un proverbe. Ce couvre-chef, a été adopté avec style, un art africain pourtant autrefois utilisé par le Côlon pour faire oppression sur nos descendants.

Encore une fois, tout le monde peut porter un turban. Il n’appartient pas à une culture en particulier. Il convient de savoir faire la différence entre l’appropriation culturelle et l’appréciation culturelle.

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